Les 100 km de Chavagnes en Paillers ont été l’occasion pour Stéphane M de boucler son 200ième 100 KM. Nous ne pouvons laisser passer cette occasion sans retracer la carrière sportive assez originale de notre camarade kéké.

Stéphane a couru son premier 100 km, par hasard, en sept 1914… Alors que les troupes du Kaiser envahissaient les plus belles contrées du pays et stationnaient sur la Marne, nos brillants généraux firent appel aux taxis du même nom pour acheminer la vaillante troupe.

Notre jeune Stéphane, au regard bleu horizon, las d’attendre à la station Château Landon, un taxi qui ne vint jamais s’employa à rallier le champ de bataille avec la foulée si légère qu’on lui connaît.

Naissait le cent bornard que nous côtoyons désormais.

Il enchaina ensuite rapidement les épreuves et nous ne pourrons toutes les citer. Aussi, n’évoquerons-nous que 2 ou 3 anecdotes caractéristiques de ces faits d’armes athlétiques.

Il courut ainsi souvent à l’étranger, en Asie par exemple. Il prit part un jour en Chine à une épreuve pédestre (aucune contrepèterie) et rivalisa pour la première place avec un jeune coureur du cru prénommé Mao.

Impressionné par le fait que celui-ci courait en tongs il lui laissa gagner cette course, unique en son genre et connue sous le nom de « la longue marche ». Ce coureur à la bonne étoile, hors cette performance ne fit plus jamais parler de lui : Qui se souvient de Mao tsé Tong ? (tsé signifie en mandarin : « le coureur de 100 km qui court avec des.. » abrégé par « en » dans le langage courant).

Il courut également un peu partout en France afin d’établir sa performance de 200 épreuves terminées, souvent avec facilité quelquefois avec une petite et compréhensible défaillance. Ainsi, jadis, quand existaient les 100 km de Royan, connut-il un coup de pompe alors que notre valeureux athlète longeait les belles plages de Charente Maritimes…

Il nous décrivit ce moment comme un véritable mur face à lui et contre lequel il se heurta, phénomène bien connu des marathoniens….De cet épisode est resté la fameuse et célèbre expression du « mur de l’atlantique ».

Il mit aussi au point du coté de Saint Maixent, le protocole médical du malaise vagal, très vite récupéré ensuite par des publicitaires peu consciencieux dans la promotion de certains sportifs du dimanche. Cette pratique qu’il a découverte et brevetée dans la ville des Deux-Sèvres permit alors à celle-ci de revendiquer, comme Pont Aven pour les peintres, le nouveau nom de « Saint Maixent l’école »…

Mais l’ami Stéphane, demeure un entrepreneur y compris durant les courses… Las de s’arrêter aux cabines téléphoniques disséminées le long des parcours et de transporter des kilos de monnaie, il imagina avec un ami d’origine américaine, un certain Bill Portes* (*traduction non garantie), une solution de téléphone transportable. Il remplaça les kilos de pièces de monnaie par les kilos de batteries et testa ce prototype durant de nombreuses épreuves. Son associé, moins sportif, moins audacieux, moins innovateur ne crut pas au concept, cessa son partenariat technologique avec notre coureur pour partir cultiver des pommes, au fond de son garage sur la cote ouest des USA : nous étions en 1968 …

Toujours soucieux de progrès Stéphane inventa ensuite le forfait téléphonique et chronométrique : 7.54 heures, 8.54 heures et 9.54 heures mais il est nécessaire de démentir catégoriquement la rumeur selon laquelle le forfait illimité est à son initiative… D’autres au Kékéland en sont les réels promoteurs et zélés utilisateurs/utilisatrices…

Cette biographie ne pouvait être que succincte car 200 épreuves terminées mériteraient de bien plus longs développements, dusse la réelle modestie et discrétion de notre ami en souffrir.

La vérité sportive enfin rétablie, nous lui souhaitons plein succès dans sa nouvelle quête : terminer trois cents 100 Km malgré la lourdeur de son nouveau statut de V1 (vénérable vétéran)

Un A d M I R A T E U R.